Dernier maillon de la chaîne, cette branche du solaire a longtemps souffert du manque de considération de la filière. Pour prendre la mesure des enjeux, il faut comprendre les paradoxes du lot mécanique.
Le métier de « monteur de structures et de panneaux » est l’un des plus rudes du solaire (grandes répétitions, charges lourdes, bruit du boulonnage, intempéries…). Cela donne des profils d’ouvriers très rustiques. Et pourtant, leurs tâches sont les seules à nécessiter une précision en millimètres : tolérance d’installation d’une fixation (clamps) de panneau +/- 3 mm ; tolérance d’implantation d’une fondation +/- 20 mm…
Avec un billet d’entrée modeste et l’absence de besoins d’actifs (louer une fourgonnette, prendre une dizaine d’ouvriers en contrat de chantier et acheter quelques boulonneuses), il fut une période où le nombre de nouveaux entrants ne manquait pas. Structures artisanales voire, pour certaines, pirates, il a été facile pour la filière d’en abuser à souhait. L’entreprise de montage était souvent le dernier fusible encaissant ses propres erreurs mais aussi les erreurs accumulées de la chaîne des parties prenantes, depuis la phase de développement jusqu’à la phase chantier.
Après avoir mis le pied sur la gorge de ces acteurs pourtant indispensables, la filière se rend compte qu’elle manque désormais d’installateurs. Les entreprises de plus de 10 ans qui ont survécu en finançant leurs essais/erreurs grâce à un prix de construction confortable se replient désormais dans leur zone de confort, soit une cinquantaine d’ouvriers (« la tribu artisanale »). Les volumes ont beau augmenter par 3 ou par 4, elles n’auront pas 3 ou 4 fois plus d’ouvriers. Leur modèle « artisan » et les règles avec lesquelles elles jouent les en empêchent.
Il faut donc des nouveaux entrants ! Difficile, la baisse des prix de la construction ne permettra pas de financer les risques et les essais/erreurs d’une jeune entreprise de montage. Pour affronter l’augmentation des volumes à construire à venir, il ne sera pas possible de compter sur l’arrivée en proportion de nouvelles sociétés de montage. La solution ? Donner les moyens au lot mécanique d’innover pour sa transformation et faire passer cette branche en phase de maturité. C’est avec notre partenaire EDEN que nous souhaitons mettre en place cette transformation. Si la filière ne se recentre pas sur la branche mécanique, elle court le risque de faire face à de grandes difficultés au moment de devoir construire tous les mégawatts qui lui sont promis.